Direction des Services Informatiques évolue. Loin de l’image austère des ingénieurs réseaux intransigeants, les responsables informatiques ont globalement repensé leur mission à la faveur des évolutions technologiques. Récemment nommé dans la catégorie Performance Opérationnelle – Grands comptes du Prix du DSI de l’année 2016, Thierry Leleu, DSI de La Mutuelle Générale, illustre parfaitement l’évolution des SI dans l’entreprise.


Comment concevez-vous la mission qui vous a été confiée et quel état d’esprit vous anime pour répondre aux attentes des différents services de La Mutuelle Générale ?

TL : Nous travaillons, au sein de la direction SI, en nous positionnant comme un partenaire du business. Nous voulons que les infrastructures informatiques, les solutions IT, servent au mieux les départements. Pour y parvenir, nous avons créé des BRM pour Business Relationship Manager. Leur mission consiste à jouer le rôle d’interface entre les métiers et la DSI. Ils sont en dialogue permanent avec les utilisateurs des solutions que nous déployons. Ce contact nous permet de comprendre les difficultés, d’être informé en temps réel des problèmes, des besoins, des aspirations. C’est ainsi que nous parvenons à adapter nos dispositifs IT.

L’image des services informatiques n’a pas toujours été très positive : austères, coûteux, rigides… Comment faire évoluer cette perception ?
TL : Cette image est un peu désuète aujourd’hui. Nous avons d’abord changé de posture, nous parlons beaucoup plus « métier » et beaucoup moins « technique ». Nous avons également accepté que la communication soit bidirectionnelle. Les SI sont aujourd’hui beaucoup plus à l’écoute, au service pour être force de proposition. Toutefois, nous sommes toujours un peu trop considérés comme un centre de coût et non un pôle d’investissement. Il est vrai que les solutions IT sont onéreuses, mais c’est à nous, responsables informatiques, de démontrer que nous contribuons à générer de la valeur business. Mais ce n’est pas si simple car nos missions sont nombreuses et complexes : gérer l’obsolescence, assurer la transformation digitale, sans jamais renoncer à l’indispensable sécurisation de nos systèmes…

La sécurité est un vrai problème, comment gérez-vous cet aspect dans le cadre de vos attributions ?
TL : Ce sujet est véritablement critique. Nous consentons des efforts permanents pour sensibiliser les utilisateurs aux bonnes pratiques pour préserver l’intégrité de nos systèmes. Toutefois, il faut être mesuré et, pour ma part, je prône ce que j’appelle une « flexi-sécurité ». La sécurité doit être présente, mais elle ne doit en aucun cas perturber ou entraver les process métier. C’est un équilibre difficile à obtenir et qui exige, une fois encore, beaucoup d’écoute et de compétence

Vous exercez dans un secteur naturellement évolutif. Comment être au fait des innovations les plus porteuses et comment trier le bon grain de l’ivraie, pour détecter les solutions qui soient réellement porteuses de sens ?
TL : La veille technologie est permanente. La difficulté, c’est la multiplication du nombre d’acteurs. Mais c’est également une opportunité car l’émergence de nombreuses start-ups, très innovantes nous permettent de bénéficier de solutions souvent abordables et susceptibles de nous apporter beaucoup de valeur. Il faut donc être à l’écoute de l’écosystème, garder un esprit ouvert sur le monde (car l’innovation ne vient pas seulement des acteurs historiques basés outre-Atlantique), et toujours être en quête d’agilité dans une optique de maîtrise des coûts.