Logistique : Comment passer de l’efficacité à l’efficience ?

La logistique occupe une place centrale dans l’économie française. D’après Pôle Emploi, ce secteur va pourvoir plus de 540 000 postes d’ici 2022, avec des recrutements de profils variés et toujours plus diversifiés (data scientist, expert en Intelligence Artificielle, etc.). En parallèle, le volume de marchandises transportées en France augmente de plus de 5 % par an[1].
Ce secteur porteur est en pleine mutation pour répondre aux nombreux challenges du marché.

Les enjeux de la logistique sont bien connus : il s’agit de livrer le bon produit, au bon endroit, au bon destinataire, dans les délais convenus et pour un coût raisonnable.

Dans la pratique, les flux d’informations indispensables aux différentes parties prenantes ne sont pas toujours correctement synchronisés, les processus comprennent des opérations de saisies manuelles, voire papier, sur des documents qui ne sont pas toujours standardisés. Dans un contexte aussi complexe, les opérations logistiques – quel que soit le secteur – peuvent rapidement être fragilisées.

Optimiser la chaine logistique est une nécessité

Dans la plupart des cas, les processus logistiques mis en place fonctionnent et répondent aux besoins – mais pas toujours de façon optimisée. Autrement dit, ils sont efficaces, mais pas efficients. Cette distinction permet de comprendre la nécessité de transformer les chaînes logistiques. Lorsque l’on s’intéresse de plus près aux problématiques rencontrées dans le partage d’informations, on s’aperçoit que des ressources importantes sont mobilisées sur des tâches à faible valeur ajoutée. Par exemple, le manque de standardisation dans les documents de transport et la persistance du papier entrainent la mobilisation de collaborateurs sur la saisie, la classification ou encore la recherche d’informations. Pire encore, les collaborateurs se retrouvent parfois à devoir attendre un simple document papier pour passer à l’étape suivante.

Aller vers l’efficience est donc devenu indispensable ! Pour cela, il est nécessaire d’optimiser les flux documentaires, sans quoi il ne sera pas possible d’optimiser les flux physiques. Dans la mesure où tout flux physique s’accompagne nécessairement d’un flux d’informations, il importe donc de disposer des bons documents au bon moment et au bon endroit, pour garantir la traçabilité et le bon déroulé des livraisons. A titre d’exemple, pour chaque colis transporté par la route, une CMR (Convention de transport de Marchandise par la Route), ou Lettre de voiture, doit être éditée. Son cycle de vie comprend quatre étapes : la génération de la CMR, le classement à l’arrivée des camions, l’envoi des exemplaires clients avec transmission des factures, par voie postale, et enfin l’archivage.

« 1 milliard de CMR sont produits chaque année, cela représente plus de quatre milliards de manipulations de documents. A cela s’ajoutent le traitement de tous les documents annexes : factures clients et d’importation, bons de préparations, nomenclatures douanières… »

Une volonté commune d’optimiser la logistique 

Qu’il s’agisse des acteurs du marché ou du gouvernement, tous les interlocuteurs s’accordent sur la nécessité d’optimiser le secteur. Dans son exercice prospectif à l’horizon 2025, le ministère de la Transition écologique et solidaire s’est fixé, entre autres, l’objectif « d’accélérer, organiser, sécuriser et valoriser la production et la gestion des flux d’informations » pour « bâtir une logistique moderne et connectée ».

Pour les acteurs de la logistique, se moderniser est impératif dans un secteur concurrentiel aussi fort, soumis par ailleurs à des marges plutôt faibles. Il s’est créé 70 400 entreprises de transport en 2018, selon l’Insee, soit près de 200 par jour. Plus de 140 000 entreprises interviennent dans le secteur du transport et de la logistique. L’efficience, qui permet d’être plus performant tout en réduisant les coûts, est un facteur sine qua non de survie. Les entreprises ne se penchant pas sérieusement sur la question de la modernisation risque de subir un décrochage technologique et de se faire distancer rapidement par des concurrents mieux équipés, plus agiles et plus innovants.

La  pandémie mondiale actuelle pointe également du doigt la montée des risques en matière de logistique. Il faut ainsi être préparé à évoluer dans un environnement de type VUCA (Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity), acronyme qui désigne les quatre caractéristiques suivantes : volatilité, incertitude, complexité et ambiguïté. Autrement dit, les entreprises de logistiques doivent pouvoir faire face à des situations instables, que l’on ne peut prédire, sur des durées inconnues, avec un nombre de parties prenantes important et des relations causales non-identifiées. Il s’agit là aussi d’un défi majeur qui devrait pousser les professionnels de la logistique à se moderniser avant qu’il ne soit trop tard.

Une approche automatisée, coordonnée et formalisée à privilégier

Pour faire face à tous ces défis, il est nécessaire d’adopter une approche coordonnée et formalisée, consistant à privilégier trois actions : numériser, automatiser et optimiser.

Avec une quantité d’informations en augmentation exponentielle, il faut pouvoir classer, stocker, gérer et partager ces flux documentaires de manière optimale. Pour cela, des outils de capture intelligente et automatique permettent d’indexer, de nommer et de classer des documents entrants. En parallèle, les outils de gestion électronique de documents performants peuvent numériser, sécuriser, indexer, consulter, partager et archiver les documents en toute sécurité. Pour aller encore plus loin dans la modernisation, les entreprises peuvent opter pour des workflows automatisés afin de fluidifier les circuits de validation des documents et optimiser les processus métier.

L’automatisation est ici un facteur clé de réussite. Cela permet d’optimiser les tâches et processus afin d’améliorer la productivité et la traçabilité des documents. Dans le domaine logistique, on peut ainsi considérer que l’intelligence est dans l’étiquette, systématiquement au cœur des échanges, grâce aux code-barres et à la technologie RFID. Il est ainsi possible d’automatiser davantage, par exemple avec des imprimantes portables pour un étiquetage à la demande ou encore des systèmes d’impression-pose automatique pour l’étiquetage en temps réel des produits et contenants (boîtes, cartons). Des nouvelles technologies ont d’ailleurs vu le jour pour permettre l’impression temporaire ; la même feuille peut ainsi être réutiliser cinq fois, réduisant ainsi l’impact à la fois écologique et économique de l’impression.

Enfin, le dernier élément clé de la modernisation logistique est la cartographie des flux. Cet outil d’analyse permet de comprendre rapidement comment les informations circulent et ainsi pouvoir identifier, puis traiter les points de friction. La Cartographie des Flux de Valeur est principalement un outil de communication, mais elle peut également être utilisée comme outil de planification stratégique et donc de gestion du changement pour les entreprises du secteur de la logistique.

[1] Selon l’étude publiée en 2019 par le Commissariat général du développement durable